22/01/2017

Des bons pour les allocations de rentrée scolaire : une fausse bonne idée

Lors du dernier plénum du Conseil municipal de la Ville de Genève, la droite et le MCG, majoritaires, ont décidé que les ayants droit aux allocations de rentrée scolaires la recevront sous forme de bons à dépenser dans les magasins de la Ville afin de s’assurer que les 530'000 fr. alloués à cette prestation, soient dépensés dans les commerçants locaux et que les familles concernées achètent bien des fournitures scolaires, tels que des cartables, des chaussures ou des vêtements de gym.

C’est une fausse bonne idée pour les trois raisons suivantes :

Premièrement, dynamiser le commerce de proximité dit favoriser la production, la vente et l’achat de biens locaux. La mesure propose tout le contraire : ce seront les grandes chaines de magasins nationales et internationales, tels que Migros, Coop, Manor et Aldi qui seront avantagées au détriment du commerce local car ce sont elles qui vendent, sous un même toit, la gamme de fournitures concernées.

La deuxième raison est le respect des ayants droits. L’obligation de dépenser la somme attribuée, de 130 ou 180 fr., dans un nombre restreint de commerces aura des effets négatifs en termes de respect de la vie privée et d’auto-détermination. Elle compliquera aussi la vie de familles responsables qui ne pourront plus acheter les fournitures scolaires à l’endroit et au moment les plus opportuns pour leur organisation et leur finance.

La présentation d’un bon a aussi un effet stigmatisant ; et tout changement de pratique diminue le recours à l’aide proposée. Ainsi, la mise en place des bons se fera au détriment de l’aide aux familles et aux plus démunis.

Pour quelle raison le tourisme d’achat serait-il l’apanage des familles qui ne possèdent pas de voiture par manque de revenu ?

La troisième raison est la complexification du travail l’administration et des commerçants par un suivi administratif et comptable importants. Cela ira aussi à l’encontre de la demande du Conseil municipal de simplifier le travail de l’administration communale.

Pour quelles raisons faudrait-il compliquer le mode de gestion actuel qui est simple et efficace : la somme est versée par virement bancaire dès que les documents demandés prouvant le droit à cette aide, sont transmis au service social de la Ville de Genève ?

Selon la droite, la mise en place d’un système similaire aux bons REKA serait une solution à envisager. Cette proposition n’est pas pertinente car la masse des ayant droits est insuffisante pour obtenir un coût de gestion moindre. De plus la sécurisation des bons, pour s’assurer que ce sont bien les bonnes personnes qui achètent les fournitures autorisées, coûtera chère.

Dans tous les cas, la mesure imposée par la droite et le MCG engendra, par la hausse la charge de travail des collaborateurs de la Ville et par la mise en place d’une procédure d’attribution via les marchés publics obligatoire pour toute prestation de plus de 500'000.-, une hausse des coûts de gestion de plus 100'000 fr. par an, soit 20% des allocations attribuées, ceci au détriment de l’aide aux familles.

Que désire donc sauvegarder la droite et le MCG avec cette mesure ? Sûrement pas l’intérêt des familles, des commerçants locaux et des finances publiques.

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