10/01/2016

La santé n'a pas de prix, mais elle a un coût

  1. Tribune de Genève du 8 janvier 201, p.3.


En tant que citoyenne et contribuable, chaque fois que je lis un article sur les coûts de la santé et, par la même sur le financement du système de santé helvétique, je me sens grugée car le domaine de la santé apparait souvent comme une activité économique « normale » où le client-malade semble avoir une part important de responsabilité dans l’augmentation des coûts.

La santé est un bien économique car les investisseurs - que cela soit, par exemple, un médecin qui s’installe, l’industrie pharmaceutique qui propose de nouveaux médicaments ou un hôpital qui augmente son offre de prestations en proposant un centre d’urgence ou des RMI de dernière génération – désirent rentabiliser leur investissement ou, au minimum, pouvoir en vivre.

Cependant, on semble fréquemment l’oublier, le client-patient est grande partie « captif » du savoir et des propositions des professionnels de la santé. Ainsi, en cas de surabondance de l’offre, la diminution du prix ou du nombre de prestataires ne suit pas. Et donc la régulation de l’offre et de la demande ne répond pas la logique économique.

Pour pallier à cela et stabiliser les coûts de la santé, l’Etat devrait pouvoir gérer le nombre de cabinets médicaux, d’hôpitaux ou de centres d’imagerie médicale en tenant compte des besoins de la population. Cela permettrait d’assurer à chaque citoyen, quelque soit la région où il vit, d’avoir un accès équitable aux prestations de soins tout en d’endiguant la hausse des coûts dont l’addition, in fine, est payée en grande partie par les contribuables et les assurés que nous sommes. Comme le dit Alain Berset « la hausse des primes, c’est une augmentation d’impôts cachée »(1).

Pour finir, il parait des plus pertinents d’accroître le financement des actions prévention afin d’ajouter, le plus tôt possible, des années à la vie et, par la même, de baisser la facture globale car, si la santé n’a pas de prix, elle a un coût.

(1) Tribune de Genève du 8 janvier 201, p.3.

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